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Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /Déc /2009 15:21
[Rio Blanco - le 22 novembre]

Résultat du concours lancé dans le précédant article :

 

Il s’agissait plus exactement d’une cabosse de cacao...!

 

Donc les gagnants sont :

 

Prix de rapidité : Thomas (mais on ne sait toujours pas lequel... !)

Prix junior : Titi (qui joue mieux que l’OL !!)

Prix de précision : Philippe, notre photographe préféré !

Prix d’originalité : notre Miguel national, bien sûr!

 

Vous avez tous gagné un hébergement gratuit à Rio Blanco !! 


Donc Denis vous raconte l'histoire....

 

Sur le chemin de retour des cascades, Sylvain nous propose de nous emmener voir une plantation de cacao.

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Après un quart d’heure de marche dans un décor somptueux, nous pénétrons par une clôture en fils barbelés dans la plantation : des dizaines de cacaoyers avec parsemés parmi eux, des bananiers.

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Première surprise, les cabosses de cacao ne poussent pas sur les branches, mais directement sur les troncs. Un peu comme ce fruit improbable qu’est la papaye et qui fait comme d’énormes coucougnettes sur un tout petit tronc.

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    Photo d'un papayer

 

Il y a trois types de cacaoyers : ceux aux cabosses jaunes, les rouges, ces deux-là sont des hybrides, et le cacaoyer indigène, qui a des cabosses jaunes tachetées, plus petites mais avec davantage de fèves.

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Ici nous voyons bien deux types d'arbres différents, avec en arrière-plan Amélie et Sylvain

 

Nous continuons notre progression à travers la plantation jusqu’à arriver à la maison du propriétaire.

Pas de portail, pas de tables ni chaises dehors, rien qui pourrait rappeler un quelconque arrangement ou la moindre volonté de vivre plus confortablement.

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Autour de la maison, quelques cocotiers et bananiers, sur le côté une latrine, entre le bananier et la latrine un tas d’immondices, principalement des épluchures de fruits. Tout autour de nous des poules et des chiens et en face de nous, Geronimo, le père de famille et propriétaire de la plantation, avec sa femme et ses enfants.

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Bananier

 

Sylvain lui explique qu’on aimerait goûter du cacao mais il parle tellement doucement que notre hôte comprend coco. Il envoie illico ses fils qui grimpent aux arbres et nous ramènent 5 noix de coco, une pour chacun d’entre nous.

Armés de leur machette, ils se mettent à déshabiller le fruit jusqu’à accéder à sa noix.

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Puis le père prend le relais et ouvre le dessus de la noix qu’il nous tend pour que chacun boive la sienne.

C’est bon et nourrissant. On n’a déjà plus faim quand on comprend qu’il va maintenant les ouvrir et qu’on va devoir en manger toute la pulpe.

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Finalement, on arrivera à en manger 3 sur les 5, en se faisant un peu aider par Geronimo et par le plus petit de ses fils. Les poules, les chats et les chiens autour de nous se disputent les bouts de pulpe de coco qui restent sur les morceaux que nous jetons.

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Geronimo et deux de ses filles

 

Peu à peu les langues se délient et nous commençons à parler.

Geronimo me demande où sont nos enfants, si on les a laissés en France. Je lui réponds qu’ils sont ici en lui montrant le bas de mon ventre et celui de Cécile. Ca le fait éclater de rire, ses enfants rient avec lui, et cela donne une tournure plus sympathique à notre conversation.

Nous lui demandons alors si il peut nous faire goûter le cacao. Il envoie ses enfants en chercher. Il ouvre une cabosse et me la tend. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que l’intérieur était constitué d’une substance gélatineuse et gluante, blanche comme du lait. En fait cette substance entoure les graines ou fèves de cacao.

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On en extirpe une fève qu’on met dans sa bouche et on suce la substance blanche qui est très bonne, sucrée et qui fait un peu penser par sa texture et par son goût au litchi. Par contre il ne faut surtout pas croquer la fève qui est amère au possible. Notre ami Geronimo vend ses fèves à une fabrique qui les sèche, les torréfie, les moud et revend la poudre de cacao à une entreprise européenne ou américaine qui ajoutera du sucre et d’autres ingrédients pour faire le chocolat que nous connaissons. Geronimo nous dit qu’il a mangé une fois dans sa vie du chocolat en tablette. Il nous dit « C’est incroyable ce que c‘est bon ! ».

 

Je lui demande combien il a d’enfants. Il me répond : « Huit ». Je lui dis qu’en France les gens ont un ou deux enfants, des fois trois. Il est très étonné et me dit qu’ici il faut beaucoup d’enfants s’il veut être sûr qu'on le nourisse quand il sera vieux. Il dit aussi, en parlant des français : « Deux enfants et après pffuit ! terminé : ces gens-là ne font plus l’amour ».  C’est vrai qu’ici il n’utilisent pas la contraception, le pape le leur interdit, et donc pour eux, peu d’enfants signifie un manque de virilité ou de fécondité.

 

Bon, nous décidons de repartir et lui demandons combien nous lui devons, bien décidés à le payer pour tout ce que nous avons consommé mais il refuse. Rien à faire, il veut à tout prix nous les offrir. Il a ses principes, le Geronimo. On part donc en le remerciant chaudement et je me promets intérieurement que je reviendrai le voir et que je lui amènerait un tirage photo de lui et sa famille et deux ou trois tablettes de chocolat.

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Par Denis
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